Val-d’Oise : Solution contre le désert médical

Dominique BUSSEREAU, président de l’Assemblée des Départements de France, et Patrick BERNASCONI, président du CESE (Conseil Economique Social et Environnemental), conduisaient le 22 novembre une délégation venue dans le Val d’Oise pour échanger sur le problème des déserts médicaux en milieu urbain. Accueillis par Mme Marie-Christine CAVECCHI, Présidente du Département du Val-d’Oise, ils ont rencontré Thibault HUMBERT, Maire d’ERAGNY-SUR-OISE, et Isabelle MEZIERES, Maire d’AUVERS-SUR-OISE, qui installent des maisons de santé dans leur commune.

Le CESE, sensible à la question des déserts médicaux et saisi par plusieurs pétitions en ligne sur le sujet a constitué une commission temporaire ; celle-ci sélectionnera et analysera les préconisations qui lui apparaîtront les plus pertinentes. Le projet d’avis sera présenté en séance plénière le 13 décembre prochain.

Les Départements font de ce sujet un enjeu stratégique d’aménagement du territoire. La présence médicale est un élément essentiel pour l’attractivité des territoires et elle constitue un facteur déterminant du maintien des populations.

Avec environ 900 médecins généralistes libéraux, le Val d’Oise compte une densité inférieure à la moyenne nationale. C’est encore plus vrai pour le millier de spécialistes qui correspondent à une densité de 80 pour 100 000 habitants quand la moyenne nationale est à 115.

Des initiatives sont prises pour faciliter l’installation de professionnels comme les contrats locaux de santé signés par le Préfet, le Maire et l’ARS. Ils permettent de mobiliser les acteurs et de consolider les partenariats locaux autour d’un projet commun. Ils créent des synergies pour réduire les inégalités sociales et territoriales de santé.

La formule des maisons de santé permet de regrouper sur un même site plusieurs professionnels : médecins généralistes, professionnels du paramédical (pharmaciens), libéraux (infirmiers), voire spécialistes, assurant une continuité des soins.

A ERAGNY-SUR-OISE, qui a perdu la moitié de ses généralistes en quelques années, une telle structure va ouvrir en 2018 après 350 000 euros de travaux à l’initiative de la ville.

La maison de santé Péan fonctionne déjà à AUVERS-SUR-OISE ; elle regroupe à sa création 10 professionnels : 5 médecins généralistes, 3 infirmières, 1 sage-femme et 1 kinésithérapeute.

Cet exemple illustre bien le volontarisme des Départements qui se mobilisent sur les questions de santé notamment au titre de leurs compétences obligatoires en matière de Protection Médicale et Infantile, de maintien à domicile des personnes âgées ou en tant que financeurs des SDIS qui sont souvent chargés des premiers soins en raison des transports vers les hôpitaux.

Acteurs essentiels de l’aménagement du territoire et des politiques de proximité, ils co-élaborent avec l’Etat, les schémas de services au public qui peuvent concerner le domaine de la santé.

Enfin, certains se sont davantage engagés et ont élaboré une stratégie territoriale de lutte contre la désertification médicale avec les acteurs concernés. Ainsi le Département de l’Aveyron a réalisé un schéma des maisons de santé et le Département de la Saône-et-Loire embauché des médecins. Face aux phénomènes de fractures, les Départements restent mobilisés.