L’économie au soutien de l’emploi et de l’insertion : une initiative innovante du Département des Bouches-du-Rhône

Le Gouvernement récidive. Après avoir pris deux instructions gouvernementales le 22 décembre 2015, restreignant considérablement la capacité à agir des Départements dans le soutien à l’économie Jean-Michel BAYLET, Ministre de l’aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales, vient de prendre le 3 novembre dernier, une circulaire qui durcit, si cela était encore possible, ces conditions.

L’ADF avait attaqué les deux premières circulaires, une décision au fond est d’ailleurs attendue prochainement, elle attaquera donc cette nouvelle circulaire.

Si la loi NOTRe ne permet plus aux Départements de verser des aides directes aux entreprises, elle les autorise à agir dans un grand nombre de domaines relevant du champ de l’économie : agriculture, économie de la santé et du vieillissement, tourisme, économie sociale et solidaire, développement du Très Haut Débit et des infrastructures de mobilité…

Or le lien entre économie, dynamisme territorial, emploi et insertion est un lien insécable qui intéresse directement les Départements. Ils sont en première ligne pour accompagner nos concitoyens en situation de fragilité ou de détresse professionnelle et leur permettre de retrouver le chemin de l’emploi.

A l’appui de cette compétence, ils ont su construire des solutions et des outils innovants.

A l’initiative de la Présidente Martine VASSAL, le Département des Bouches-du-Rhône a ainsi mis en place un dispositif original appelé « l’Accélérateur d’emploi » qui consiste, dans un espace dédié, à proposer aux bénéficiaires du RSA un parcours complet en 6 ateliers pour les accompagner dans leur recherche, les préparer à des mises en situation réelles d’entretien d’embauche et à leur donner les clés pour optimiser leur positionnement face à des recruteurs. A l’issue de ce parcours, et s’appuyant sur une relation de coopération entre les entreprises et le Conseil départemental, un « job dating » est proposé aux bénéficiaires du RSA afin de pouvoir initier ou concrétiser un recrutement.

Ce résultat n’a pu être obtenu que par l’addition des compétences propres au Département en matière d’insertion, sa capacité à agir en proximité, son expertise territoriale du tissus socio-économique et le réseau d’entrepreneurs et de recruteurs locaux qu’il a su générer et animer.

Il est donc profondément contre-productif de chercher à mettre fin à cette relation existante alors qu’aucun acteur public, étatique ou local, ne peut prétendre être en capacité de régler seul le problème du chômage, de la croissance et de la précarité. Au contraire les réponses résident dans la coopération de ces différents acteurs. Une approche trop dogmatique ou sectorielle se ferait inévitablement au détriment des entreprises, des demandeurs d’emplois et des bénéficiaires du RSA.

Il est donc urgent de mettre fin aux nouvelles rigidités absurdes introduites par la loi NOTRe et, sans complexifier la répartition actuelle des compétences entre collectivités, de laisser les acteurs locaux, à commencer par les Départements, mettre en place des initiatives innovantes, épousant les attentes et réalités locales au service du dynamisme de tous les territoires.